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Le moment Meech de la francophonie canadienne

Lorsque, fouettées par l’intolérance des autres, les identités collectives latentes se réveillent, les décideurs n’ont qu’à bien se tenir. La francophonie canadienne, à l’image des Québécois qui se sont soudés autour du rejet de l’entente du lac Meech, se mobilise. Quelle allure prendra cette solidarité renforcée?

La francophonie canadienne a essuyé plusieurs gifles l’an dernier. La liste est trop longue pour en faire l’énumération exhaustive. L’année 2018 passera probablement à l’histoire comme l’annus horribilis de la francophonie canadienne. En même temps, les francophones en milieu minoritaire vivent probablement leur « moment Meech », analogue à celui qui a avivé la fierté nationale québécoise au cours des années 1990. La fibre identitaire s’active parfois au gré de l’adversité.

Dans leur train-train quotidien, les individus questionnent rarement leur identité profonde. Ils ne sont pas toujours pleinement conscients des fondements collectifs qui échafaudent leur identité individuelle : la langue, la culture, le genre, la diversité, les déterminants socio-économiques, l’histoire ou d’autres référents significatifs.

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La déportation acadienne, une tragédie vue du Québec

Et si on déportait 6 millions de Québécois la semaine prochaine? Combien d’années s’écouleraient avant que ce vaillant peuple se relève? Pourtant, un tel drame a affligé les Acadiens dès 1755.

Dans une grande entrevue avec Gérard Fillion enregistrée le 18 octobre 2017, feu Bernard Landry se désolait de la « tragédie invraisemblable » et malheureusement oubliée de l’histoire française en Amérique du Nord : la Déportation des Acadiens. Ce Grand Dérangement, euphémisme évitant aux Acadiens de dire génocide, s’amorce en 1755 et se poursuit même jusqu’après la Conquête de 1759.

Le patriote Landry, l’un des plus grands indépendantistes du Québec, avait un sens affiné de l’histoire et une profonde amitié pour l’Acadie. Il s’agissait de ses propres racines qu’il assumait pleinement. Est-ce que les Québécois d’aujourd’hui ont une véritable appréciation de ce que Landry a décrit comme étant « une infamie, au même titre que la défaite référendaire » de 1995 ?

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Le Québec, tu as … moi, en francophonie, j’ai…

Au Québec, une culture française en Amérique s’exprime sans ambage

En francophonie canadienne, tout autant et à son image

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Comme un miroir ou un vase communicant qui balance

Nos francophonies s’assemblent, se ressemblent et s’influencent

Dans les arts ou la musique, cette francophonie s’exprime

Tant au Québec qu’ailleurs, on veut chasser la déprime

En Ontario, en Acadie, au Québec ou dans l’Ouest, peu importe

Nos artistes s’illustrent chez nous, chez vous et ouvrent des portes

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Ton Québec, bien lys, est tatoué sur ton cœur

Ma francophonie érable n’est nullement un leurre

Je l’ai gagné au combat, à la sueur de mon front

Cette francophonie nous unit. Tous ensemble, allons

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Tes artistes québécois dont tu es si fier

Miroitent ceux de la francophonie qui ne datent pas d’hier

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Tu as La Bolduc et Ginette Reno

J’ai Edith Butler et Suzie LeBlanc, soprano

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Tu as eu la chance de voir se produire Harmonium et Offenbach

Moi j’ai froliqué avec Cano et 1755, j’qu’à temps qui viennent back

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Pour répondre à la guitare et aux paroles de Fiori, Séguin et Piché

Robert Paquette, Denis Richard et ce cher Zachary du passé

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Vos immortels : Gilles Vigneault, Félix Leclerc et Alys Roby

On les aime tout autant en francophonie

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Tu as découvert le talent d’Angèle Arsenault, Roch Voisine et Daniel Lavoie

Ça s’adonne qu’ils viennent de chez nous, bien avant qu’apparaisse La Voix

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Quand la douce mélancolie de Yann Perreau embellis ta vie

La belle guitare et la voix envoûtante de Cy te séduiras aussi

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Vous avez Michel Tremblay, nous avons Herménégilde Chiasson

À Granby, votre Festival de la chanson

Ressemble tout aussi bien à celui de Caraquet

À Moncton, le Centre Aberdeen et le théâtre l’Escaouette

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Tu danses et rigoles avec Willy Lamothe ou bien Plume

Moi j’ai Menoncle Jason, Cayouche et sa plume

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Bonjour Uzeb, je te présente les Païens

Du bon jazz jusqu’au lendemain matin

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Le génie prolifique de Michel Rivard

Trouve écho auprès de Marcel Aymar

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Si Safia Nolin, Klô Pelgag et Anik Jean collaboraient

Pourraient-elle faire des Hay Babies qu’on adopterait?

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Céline, bien avant Vegas, a donné ses colombes au Pape

Caroline Savoie a montré sa Voice aux Français, bien fallu qu’elle s’adapte

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On peut se laisser bercer par Cœur de Pirate et Mara Tremblay

Ou bien par Alexis Normand et Andréa Lindsay

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À la voix mystérieuse et poétique d’Edgar Bori

On répond par la voix grave d’un Comeau, Frédéric Gary

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Louis-Jean Cormier, tel un phénix, est sorti de Karkwa;

Joseph Edgar chauffait dans Zéro Degré Celcius et ne s’en gênait pas

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Tu as au Québec ton propre star sytème et ton Starmania

Nos Hôtesses d’Hilaire nous disent : « Viens avec moi »

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L’urbanité québécoise peut compter sur Alaclair Ensemble et le son Locasse des Loco

Notre fierté : Shawn Jobin, fleur de lys fransaskoise et le son acadjonne de Radio Radio

Dès que tu me parles de Mes Aïeux, moi je Swing en Ontario

Jadis, Sylvain Lelièvre s’illustrait au piano tandis que l’Acadie produisait un Jac Gautreau

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Si t’as Malajube, saupoudre du Mehdi Cayenne

Hé Vincent Vallières, dis à Damien Robitaille qu’il revienne

Lorsqu’Ariane Moffatt revient à Montréal

Elle jase avec Lisa LeBlanc, vraiment géniale

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Quand Marie-Ève Janvier s’est éprise de Jean-François Breau, c’était l’amour fou

Québec et francophonie ça s’adonne qu’on s’aime itou

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À quand la demande mariage?

Délicieux Fric-Opéra rock acadien

La caravane acadienne des Hôtesses d’Hilaire est arrivée sur les capes de roues à l’Impérial Bell de Québec le 15 novembre dernier. Une seule représentation de leur opéra Rock « Viens avec moi » et ils repartent déjà pour l’Acadie. Les critiques québécoises, déjà élogieuses y voient Star Mania. À vrai dire, il s’agit plutôt d’un Fric-Opéra Rock, servi à l’acadienne.

Tel un bon fricot acadien, cet Opéra-Rock est un savant mélange des meilleurs ingrédients du terroir acadien. Ce mets typique nous rappelle les racines mais reste intemporel. Ce fric-opéra fut savamment brassé et assaisonné par un Serge Brideau, fidèle à lui-même mais moins débridé qu’à l’habitude.

Car si la plume et l’originalité de Brideau bat la mesure de ce spectacle théatro-musical, sa présence s’est quand même faite discrète. Tel un Raymond Bourque, le fabriquant de jeu par excellence, Brideau a alimenté des artistes autour de lui. Il leur a laissé une place pour s’illustrer à l’avant-scène : et tous étaient à la hauteur.

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Pour en finir avec Mme Bombardier

Question clé pour la francophonie

L’échange disgracieux Bombardier-Chrétien à Tout le monde en parle le 21 octobre dernier, a profondément blessé une bonne partie de la francophonie canadienne, voire américaine. Malgré les excuses sincères de Dany Turcotte, les Franco-Canadiens s’accommodent difficilement de certains Québécois qui les méconnaissent par mégarde ou, pire, qui s’obstinent délibérément à nier leur existence. Il est temps d’en finir et de se réconcilier.

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L’Acadien indépendantiste s’éteint

Bernard Landry était un homme de contraste et non de contradictions. Il fut un homme doté d’une personnalité politique d’envergure. Il avait une érudition indéniable et une compassion typiquement québécoise et défendait inlassablement une idée du 19e siècle (état-nation) tout en étant internationaliste. Il voulait humaniser l’économie et faire du Québec un pays.

Un homme fier de ses origines acadiennes en Nouvelle-Acadie est devenu l’un des plus grands penseur-praticien de l’indépendantisme québécois. Il a décrit, du même souffle, le traumatisme de la Déportation acadienne et la perte référendaire québécoise de 1995 comme étant chacune une infamie.

Les sécessionnistes du Québec perdent l’un de leurs canons. Une génération disparaît. Les hommes et les femmes qui ont côtoyé René Lévesque et porté son rêve à bout de bras disparaissent peu à peu. Cette perte titanesque du patriote Landry laisse un gouffre d’idée et d’action pour les indépendantistes d’aujourd’hui.


L’Acadien indépendantiste s’éteint

Mon Opinion

L’Acadie Nouvelle, 7 novembre 2018

What Quebec anglos can learn from Acadians

By coincidence, the 2018 provincial elections in New Brunswick and Quebec overlapped. Though the dynamics were fundamentally different, certain parallels on language issues can be drawn.

What lessons can the English-speaking minority in Quebec learn from the Acadian experience?

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Pour une Marguerite acadienne

Version anglaise

En admettant que l’Acadie est plurielle et que son territoire n’est pas politiquement reconnu, il demeure le défi de taille de définir l’identité collective en fonction d’une géographie précise.

Comment réconcilier les conceptions politiques et généalogiques de l’Acadie? Quelles sont les rapprochements ou les alliances possibles entre les conceptions du développement de l’Acadie ou les différentes territorialités acadiennes? Est-ce que l’Acadie territoriale et celle de la diaspora sont des réalités mutuellement exclusives?

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Résumé: Pour une Marguerite acadienne

Publié dans Astheure

Version intégrale: https://astheure.com/2017/09/02/pour-une-marguerite-acadienne-ricky-g-richard/

En résumé

Réflexion sur la territorialité acadienne, la définition de l’identité acadienne et l’ouverture à la diaspora acadienne en dehors des provinces Atlantique.

Citations

« La territorialité acadienne a toujours été problématique, approximative et diffuse. […] L’Acadie, [… est] d’abord d’une idée, d’un projet ou d’un récit identitaire que l’on porte en soi. Il y a aussi une Acadie vécue et territoriale, encadrée dans un réseau complexe d’associations, d’institutions et de droits. »

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Résumé: La mort présumée du Canada français

Publié dans Le Devoir

Version intégrale: http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/503559/la-mort-presumee-du-canada- 

En résumé

À partir des états généraux de la langue française de 1967, la francophonie canadienne a dû construire son identité localement. Il s’agit d’une tentative de réhabilitation de l’idée du Canada français.

Citations

« La fin présumée de l’idée du Canada-français ne signifiait pas pour autant la mort des Canadiens français : ces femmes et ces hommes qui voulaient vivre en français ailleurs qu’au Québec. » Continuer la lecture de Résumé: La mort présumée du Canada français