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Le moment Meech de la francophonie canadienne

Lorsque, fouettées par l’intolérance des autres, les identités collectives latentes se réveillent, les décideurs n’ont qu’à bien se tenir. La francophonie canadienne, à l’image des Québécois qui se sont soudés autour du rejet de l’entente du lac Meech, se mobilise. Quelle allure prendra cette solidarité renforcée?

La francophonie canadienne a essuyé plusieurs gifles l’an dernier. La liste est trop longue pour en faire l’énumération exhaustive. L’année 2018 passera probablement à l’histoire comme l’annus horribilis de la francophonie canadienne. En même temps, les francophones en milieu minoritaire vivent probablement leur « moment Meech », analogue à celui qui a avivé la fierté nationale québécoise au cours des années 1990. La fibre identitaire s’active parfois au gré de l’adversité.

Dans leur train-train quotidien, les individus questionnent rarement leur identité profonde. Ils ne sont pas toujours pleinement conscients des fondements collectifs qui échafaudent leur identité individuelle : la langue, la culture, le genre, la diversité, les déterminants socio-économiques, l’histoire ou d’autres référents significatifs.

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La disparition du civisme au Nouveau-Brunswick

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La politique au Nouveau-Brunswick se définit de plus en plus par son manque de civisme. Cela est d’autant plus surprenant que les Acadiens et les gens des Maritimes sont reconnus comme étant chaleureux et accueillants. Qu’est-ce qui se passe? Comment expliquer toute l’animosité linguistique et la croyance que le bilinguisme officiel soit contraire à la saine gestion des fonds publics?

En l’absence de données probantes, il est difficile d’évaluer l’ampleur du mécontentement des Néo-Brunswickois. On comprend difficilement ce qui alimente ces chicanes acrimonieuses. Depuis les élections en automne 2018, les questions linguistiques ne cessent de diviser la population.

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Robert Gauvin : politicien ou comédien?

Les dernières élections néo-brunswickoises, avec ses rebondissements et ses revirements, étaient dignes d’une série d’HBO. Les uns y voient House of Cards, d’autres Game of Thrones. (1) Ce n’est pas tous les jours qu’un chef de parti ayant moins de députés qu’un autre parti tente de former un gouvernement. À peine le temps d’écouter son discours du Trône, le premier ministre élu, Brian Gallant, cède sa place à Blaine Higgs qui défait le gouvernement libéral avec l’appui du People’s Alliance of New Brunswick (PANB).

L’équilibre actuel est fragile et les marges pour maintenir la confiance de l’Assemblée législative sont minces. Robert Gauvin, seul député progressiste-conservateur élu par une majorité de francophones, a été courtisé par les libéraux pour changer d’allégeance. En bout de piste, il a été récompensé pour sa loyauté en étant désigné vice-premier ministre. De son propre aveu, il assume de lourdes responsabilités puisque son siège « représente à peu près 33% de la population », avoue-t-il. (2)

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Devoirs partisans et prisme linguistique au Nouveau-Brunswick

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Le dépouillement judiciaire dans deux circonscriptions du Nouveau-Brunswick semble confirmer l’équilibre des forces partisanes en vue de la prochaine Assemblée législative. Néanmoins, on ne sait toujours pas quel parti pourra effectivement gouverner à terme. Les attentes sont grandes et les défis connus : les finances publiques, le déclin démographique, l’environnement, etc. Mais au strict regard de la dualité linguistique, quels engagements et actions politiques auraient tendance à calmer le jeu?

Le fait d’analyser le paysage politique du Nouveau-Brunswick uniquement à travers le prisme de la dualité linguistique donne une série de devoirs pour chacun des partis politiques.

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Le discours de la division linguistique

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Pour une nième fois, la langue s’est odieusement ingérée dans les élections provinciales au Nouveau-Brunswick. La véritable question n’est pas de savoir si les Néo-Brunwickois sont retranchés dans deux camps linguistiques diamétralement opposés, mais plutôt dans quelle mesure les politiques et discours sur la langue respectent la minorité acadienne tout en traçant des voies d’avenir communes.

Les véritables intentions des unilingues anglophones, nouvellement élus, ne sont pas pleinement connues pour l’instant mais certains discours électoraux étaient carrément incendiaires, du moins pour les francophones. La controverse entourant l’organisation d’un débat des chefs en français, qui n’aurait eu lieu n’eut été l’intervention d’organismes acadiens, ne fait que confirmer l’aliénation grandissante des francophones.

La façon dont le gouvernement minoritaire, libéral ou même conservateur, va traiter la question linguistique dans un avenir rapproché reste nébuleuse. Il y a des leçons et des principes fondamentaux dont il faut tenir compte.

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Résumé: De l’ascendant du droit en Acadie

Publié dans Astheure

Version intégrale: https://astheure.com/2017/07/13/de-lascendant-du-droit-en-acadie-ricky-g-richard/

En résumé

Cet article fait un retour sur mes recherches socio-historiques sur l’acadianité et analyse la domination discursive du droit au cours des années 1980.

Citations

L’ascendant du droit est « comme une force gravitationnelle qui attire vers son orbite la plupart sinon tous les discours identitaires d’une époque. C’est une tornade discursive qui est si convaincante ou fondamentale que tous s’en inspirent. »

« Prêter trop d’importance à un seul type de discours présente le risque d’en faire la forme dominante de l’acadianité d’une époque et obnubiler d’autres formes de mobilisation ou d’autres projets qui seraient susceptibles d’en assurer la pérennité. »

« En fait, c’est parce que les non-juristes utilisent les outils juridiques ou les discours sur le droit comme affirmation identitaire que l’on en vient à conclure à l’ascendant du droit. Le militant se fait ou se pense juriste. »

« Michel Doucet nous a rappelé que le droit, bien qu’il cherche à être stable et régulateur, peut aussi être mouvant et fluide. […] Les principes juridiques que l’on a voulu se donner ou revendiquer collectivement ont pu être repris par d’autres qui n’avaient pas les mêmes intentions. Des compromis politiques ont pu faire perdre du terrain à l’Acadie ou la faire dévier du chemin menant à l’égalité réelle. »

Résumé: On perd des Acadiens … et puis après?

Publié dans Astheure

Version intégrale: https://astheure.com/2017/06/02/on-perd-des-acadiens-et-puis-apres-ricky-g-richard/

En résumé

Réflexion critique sur la référence à l’assimilation comme fondement des discours ou revendications d’affirmation politique en Acadie.

« L’histoire nous a donné des configurations particulières, ou des formes, de cette identité acadienne qui correspondent aux représentations dominantes ou les plus répandues selon les périodes. »

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