Archives de mot-clé : langues officielles

Aide-toi et le ciel t’aidera

La Loi sur les langues officielles du Canada est un outil crucial pour le développement de l’Acadie. Cette loi — adoptée en 1969, modifiée en 1988 et renforcée en 2005 — énonce des principes fondamentaux d’égalité du français et de l’anglais au sein des institutions fédérales.

Les lois, bien qu’importantes, ne peuvent pas faire le travail de développement communautaire d’elles-mêmes. Les francophones et Acadiens ont besoin de mettre la main à la pâte pour atteindre les objectifs d’égalité linguistique. Comme le veut l’adage : aide-toi et le ciel t’aidera. Ainsi, les Acadiens ne devraient pas attendre la Providence gouvernementale ou rester passifs à l’égard du fait français. Une communauté forte se construit par la détermination des gens sur le terrain et non pas simplement par le cadre législatif qui gouverne la société.

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Jeux de la Francophonie: la chasse aux sorcières

Comme le veut l’expression populaire, l’éditorial faisant l’autopsie des Jeux de la Francophonie (5 février 2019) est « passé à côté de la track ». François Gravel, qui mérite amplement les prix qui lui sont décernés pour d’autres éditoriaux, n’est pas sur la coche cette fois-ci. Il semble participer d’une chasse aux sorcières qui se répand en Acadie et au Nouveau-Brunswick.

Dans les médias sociaux, les uns blâment les organisateurs pour la débâcle des Jeux de Dieppe-Moncton, mort-né. D’autres font porter l’odieux sur un parti politique adverse ou l’ancien gouvernement. Certains reprochent au gouvernement fédéral sa formule connue de financement paritaire. Plusieurs achètent en entier le discours de l’austérité sans faire la distinction entre une dépense et un investissement.

Le véritable enjeu n’est pas la quête des coupables. Il faudrait plutôt questionner les causes profondes et surtout évaluer les conséquences de la décision Higgs-Austin à moyen et long terme. L’utilité d’une autopsie n’est pas uniquement de trouver les causes immédiates du décès mais plutôt d’utiliser la science pour prévenir d’autres décès à l’avenir.

Ainsi, s’il faut se pencher sur l’avortement des Jeux de la Francophonie de 2021, tirons-en des leçons pour l’avenir de l’Acadie et la francophonie au Nouveau-Brunswick. Est-ce que les Acadiens pourront rétablir un rapport de force afin de contrer ce courant intolérant qui cherche à brimer les droits linguistiques constitutionnels chèrement acquis? Est-ce que les associations communautaires et la population vont s’élever d’une même voix pour réclamer rien de moins que l’égalité réelle des francophones dans toutes les sphères d’activité?


Jeux de la Francophonie : la chasse aux sorcières

Mon opinion, L’Acadie Nouvelle,

Le 5 février 2019 (édition numérique)

Le 6 février 2019, page 10 (édition imprimée)

La disparition du civisme au Nouveau-Brunswick

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La politique au Nouveau-Brunswick se définit de plus en plus par son manque de civisme. Cela est d’autant plus surprenant que les Acadiens et les gens des Maritimes sont reconnus comme étant chaleureux et accueillants. Qu’est-ce qui se passe? Comment expliquer toute l’animosité linguistique et la croyance que le bilinguisme officiel soit contraire à la saine gestion des fonds publics?

En l’absence de données probantes, il est difficile d’évaluer l’ampleur du mécontentement des Néo-Brunswickois. On comprend difficilement ce qui alimente ces chicanes acrimonieuses. Depuis les élections en automne 2018, les questions linguistiques ne cessent de diviser la population.

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Robert Gauvin : politicien ou comédien?

Les dernières élections néo-brunswickoises, avec ses rebondissements et ses revirements, étaient dignes d’une série d’HBO. Les uns y voient House of Cards, d’autres Game of Thrones. (1) Ce n’est pas tous les jours qu’un chef de parti ayant moins de députés qu’un autre parti tente de former un gouvernement. À peine le temps d’écouter son discours du Trône, le premier ministre élu, Brian Gallant, cède sa place à Blaine Higgs qui défait le gouvernement libéral avec l’appui du People’s Alliance of New Brunswick (PANB).

L’équilibre actuel est fragile et les marges pour maintenir la confiance de l’Assemblée législative sont minces. Robert Gauvin, seul député progressiste-conservateur élu par une majorité de francophones, a été courtisé par les libéraux pour changer d’allégeance. En bout de piste, il a été récompensé pour sa loyauté en étant désigné vice-premier ministre. De son propre aveu, il assume de lourdes responsabilités puisque son siège « représente à peu près 33% de la population », avoue-t-il. (2)

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Devoirs partisans et prisme linguistique au Nouveau-Brunswick

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Le dépouillement judiciaire dans deux circonscriptions du Nouveau-Brunswick semble confirmer l’équilibre des forces partisanes en vue de la prochaine Assemblée législative. Néanmoins, on ne sait toujours pas quel parti pourra effectivement gouverner à terme. Les attentes sont grandes et les défis connus : les finances publiques, le déclin démographique, l’environnement, etc. Mais au strict regard de la dualité linguistique, quels engagements et actions politiques auraient tendance à calmer le jeu?

Le fait d’analyser le paysage politique du Nouveau-Brunswick uniquement à travers le prisme de la dualité linguistique donne une série de devoirs pour chacun des partis politiques.

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Les leçons du Nouveau-Brunswick

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Le Nouveau-Brunswick, seule province officiellement bilingue, est souvent cité en exemple d’harmonie ou de bonne entente. À la lumière des élections récentes, est-ce toujours le cas? Quelles leçons la francophonie canadienne peut-elle tirer des discours récents à propos des politiques linguistiques?

Depuis la tenue du Sommet de la francophonie à Moncton en 1999 et la popularité grandissante des programmes d’immersion, les Acadiens du Nouveau-Brunswick pensaient avoir tourné la page sur l’ère de l’anti-bilinguisme défendu par Leonard Jones ou le parti Confederations of Regions (CoR). Les résultats électoraux du 24 septembre et la rhétorique anti-dualité ont eu l’effet d’une douche froide pour bien des francophones. Le People’s Alliance of New Brunswick (PANB), en ne présentant que 30 candidats dans 49 circonscriptions, a fait élire 3 députés avec 12,6 p. 100 du vote populaire (47 709 votes).

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Le discours de la division linguistique

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Pour une nième fois, la langue s’est odieusement ingérée dans les élections provinciales au Nouveau-Brunswick. La véritable question n’est pas de savoir si les Néo-Brunwickois sont retranchés dans deux camps linguistiques diamétralement opposés, mais plutôt dans quelle mesure les politiques et discours sur la langue respectent la minorité acadienne tout en traçant des voies d’avenir communes.

Les véritables intentions des unilingues anglophones, nouvellement élus, ne sont pas pleinement connues pour l’instant mais certains discours électoraux étaient carrément incendiaires, du moins pour les francophones. La controverse entourant l’organisation d’un débat des chefs en français, qui n’aurait eu lieu n’eut été l’intervention d’organismes acadiens, ne fait que confirmer l’aliénation grandissante des francophones.

La façon dont le gouvernement minoritaire, libéral ou même conservateur, va traiter la question linguistique dans un avenir rapproché reste nébuleuse. Il y a des leçons et des principes fondamentaux dont il faut tenir compte.

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