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Le moment Meech de la francophonie canadienne

Lorsque, fouettées par l’intolérance des autres, les identités collectives latentes se réveillent, les décideurs n’ont qu’à bien se tenir. La francophonie canadienne, à l’image des Québécois qui se sont soudés autour du rejet de l’entente du lac Meech, se mobilise. Quelle allure prendra cette solidarité renforcée?

La francophonie canadienne a essuyé plusieurs gifles l’an dernier. La liste est trop longue pour en faire l’énumération exhaustive. L’année 2018 passera probablement à l’histoire comme l’annus horribilis de la francophonie canadienne. En même temps, les francophones en milieu minoritaire vivent probablement leur « moment Meech », analogue à celui qui a avivé la fierté nationale québécoise au cours des années 1990. La fibre identitaire s’active parfois au gré de l’adversité.

Dans leur train-train quotidien, les individus questionnent rarement leur identité profonde. Ils ne sont pas toujours pleinement conscients des fondements collectifs qui échafaudent leur identité individuelle : la langue, la culture, le genre, la diversité, les déterminants socio-économiques, l’histoire ou d’autres référents significatifs.

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Quand l’antibilinguisme est élevé en politique gouvernementale

Ce qui donne froid au dos est le fait que les gouvernements, qui devraient pourtant protéger les droits des citoyens, deviennent les nouvelles figures de proue de l’antibilinguisme.

Alors que le bilinguisme institutionnel est problématique au Québec, il est vital au Canada. Les francophones font parfois frais de gouvernements moins ouverts à l’essor du français et aux droits linguistiques.

Pour les francophones en milieu minoritaire au Canada, le bilinguisme institutionnel est un rempart pour la défense des droits linguistiques. Est-ce que les gouvernements provinciaux, ayant une importante minorité francophone, s’acquittent pleinement de leurs responsabilités en la matière? L’encadrement gouvernemental est-il à la hauteur du respect que l’on doit à chaque citoyen francophone?

En contexte canadien, certaines juridictions réussissent mieux que d’autres à créer un espace public pour la langue minoritaire. Alors que l’État québécois protège fièrement la langue française, ce n’est pas forcément le cas pour d’autres juridictions.

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Culpabilité et mobilité des francophones du Canada

À l’ère des technologies et du virtuel, l’attachement au territoire ou aux régions souches doit s’accommoder des identités modernes fluides.

Au regard des petites communautés francophones du Canada, chaque geste identitaire a une valeur plus grande qu’en milieu majoritaire. Le contexte minoritaire balise la vie des individus et l’éventail des choix qui s’offrent à eux pour s’épanouir. Le francophone minoritaire est souvent tiraillé entre la réalisation de soi et la contribution à la vitalité de sa communauté.

Pourtant, les choix personnels ou égoïstes ne sont pas tous ou toujours délétères pour la communauté. Pourquoi donc culpabiliser le minoritaire?

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La déportation acadienne, une tragédie vue du Québec

Et si on déportait 6 millions de Québécois la semaine prochaine? Combien d’années s’écouleraient avant que ce vaillant peuple se relève? Pourtant, un tel drame a affligé les Acadiens dès 1755.

Dans une grande entrevue avec Gérard Fillion enregistrée le 18 octobre 2017, feu Bernard Landry se désolait de la « tragédie invraisemblable » et malheureusement oubliée de l’histoire française en Amérique du Nord : la Déportation des Acadiens. Ce Grand Dérangement, euphémisme évitant aux Acadiens de dire génocide, s’amorce en 1755 et se poursuit même jusqu’après la Conquête de 1759.

Le patriote Landry, l’un des plus grands indépendantistes du Québec, avait un sens affiné de l’histoire et une profonde amitié pour l’Acadie. Il s’agissait de ses propres racines qu’il assumait pleinement. Est-ce que les Québécois d’aujourd’hui ont une véritable appréciation de ce que Landry a décrit comme étant « une infamie, au même titre que la défaite référendaire » de 1995 ?

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