Archives de mot-clé : dualité linguistique

Antibilinguisme : menace réelle ou occasion à saisir pour les francophones? (Atelier public)

À l’invitation de la CRÉAcT, Ricky G. Richard a animé la cinquième classe de maître à l’Université Sainte-Anne le 18 mars 2019. Il s’agissait d’une réflexion publique sur le thème de la montée populaire d’une opposition aux francophones en milieu minoritaire, leurs droits ou le bilinguisme officiel. Les intervenantes et intervenant, du milieu étudiant, universitaire et communautaire étaient :

– Marie-Germaine Chartrand, étudiante en Cultures et espaces francophones et directrice du secteur collégial et du campus de Tusket

– Yvette Comeau, étudiante en Cultures et espaces francophones et membre du conseil d’administration de la Société acadienne de Clare

– Audrey Paquette-Verdon, étudiante en sciences de l’éducation

– Bailey Ross, étudiant en sciences de l’éducation et assistant de la CRÉAcT

– Elaine Thimot, ancienne directrice générale de la Société acadienne de Clare

– Chantal White, professeur de linguistique au Département d’études françaises.

En utilisant la méthodologie organisationnelle du SWOT (Forces, Faiblesses, Occasions, Menaces) appliquée au milieu francophone, l’atelier a suscité une réflexion communautaire quant aux pressions anti-francophones de leur milieu et aux stratégies pour y faire face.

Le vaccin à l’antibilinguisme est la mobilisation communautaire : un populisme francophone qui canalise les forces vive, qui tire profit des réussites et compétences diversifiées de tous les membres de la communauté.

L’atelier en entier peut être visionné ici : http://bit.ly/2W9e5wA

Quand l’antibilinguisme est élevé en politique gouvernementale

Ce qui donne froid au dos est le fait que les gouvernements, qui devraient pourtant protéger les droits des citoyens, deviennent les nouvelles figures de proue de l’antibilinguisme.

Alors que le bilinguisme institutionnel est problématique au Québec, il est vital au Canada. Les francophones font parfois frais de gouvernements moins ouverts à l’essor du français et aux droits linguistiques.

Pour les francophones en milieu minoritaire au Canada, le bilinguisme institutionnel est un rempart pour la défense des droits linguistiques. Est-ce que les gouvernements provinciaux, ayant une importante minorité francophone, s’acquittent pleinement de leurs responsabilités en la matière? L’encadrement gouvernemental est-il à la hauteur du respect que l’on doit à chaque citoyen francophone?

En contexte canadien, certaines juridictions réussissent mieux que d’autres à créer un espace public pour la langue minoritaire. Alors que l’État québécois protège fièrement la langue française, ce n’est pas forcément le cas pour d’autres juridictions.

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Jeux de la francophonie : au-delà de l’argent

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Les Jeux de la Francophonie ont réussi là où les politiciens du Nouveau-Brunswick ont échoué : ils sont parvenus à créer un consensus qui atténue le clivage linguistique. Tant les francophones que les anglophones dénoncent la prétendue montée vertigineuse des coûts requis pour accueillir les jeux à Dieppe et Moncton en 2021.

Cependant, les arguments économiques qui s’opposent au financement provincial sont insuffisants. Ils souffrent de myopie et ne tiennent pas compte de facteurs importants, notamment la réputation internationale de cette petite province canadienne. La plupart des politiciens et citoyens persistent à défendre des arguments tendancieux dans les médias : ceux qui s’alignent avec leur préférences partisanes ou idéologiques.

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Robert Gauvin : politicien ou comédien?

Les dernières élections néo-brunswickoises, avec ses rebondissements et ses revirements, étaient dignes d’une série d’HBO. Les uns y voient House of Cards, d’autres Game of Thrones. (1) Ce n’est pas tous les jours qu’un chef de parti ayant moins de députés qu’un autre parti tente de former un gouvernement. À peine le temps d’écouter son discours du Trône, le premier ministre élu, Brian Gallant, cède sa place à Blaine Higgs qui défait le gouvernement libéral avec l’appui du People’s Alliance of New Brunswick (PANB).

L’équilibre actuel est fragile et les marges pour maintenir la confiance de l’Assemblée législative sont minces. Robert Gauvin, seul député progressiste-conservateur élu par une majorité de francophones, a été courtisé par les libéraux pour changer d’allégeance. En bout de piste, il a été récompensé pour sa loyauté en étant désigné vice-premier ministre. De son propre aveu, il assume de lourdes responsabilités puisque son siège « représente à peu près 33% de la population », avoue-t-il. (2)

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Devoirs partisans et prisme linguistique au Nouveau-Brunswick

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Le dépouillement judiciaire dans deux circonscriptions du Nouveau-Brunswick semble confirmer l’équilibre des forces partisanes en vue de la prochaine Assemblée législative. Néanmoins, on ne sait toujours pas quel parti pourra effectivement gouverner à terme. Les attentes sont grandes et les défis connus : les finances publiques, le déclin démographique, l’environnement, etc. Mais au strict regard de la dualité linguistique, quels engagements et actions politiques auraient tendance à calmer le jeu?

Le fait d’analyser le paysage politique du Nouveau-Brunswick uniquement à travers le prisme de la dualité linguistique donne une série de devoirs pour chacun des partis politiques.

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Le discours de la division linguistique

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Pour une nième fois, la langue s’est odieusement ingérée dans les élections provinciales au Nouveau-Brunswick. La véritable question n’est pas de savoir si les Néo-Brunwickois sont retranchés dans deux camps linguistiques diamétralement opposés, mais plutôt dans quelle mesure les politiques et discours sur la langue respectent la minorité acadienne tout en traçant des voies d’avenir communes.

Les véritables intentions des unilingues anglophones, nouvellement élus, ne sont pas pleinement connues pour l’instant mais certains discours électoraux étaient carrément incendiaires, du moins pour les francophones. La controverse entourant l’organisation d’un débat des chefs en français, qui n’aurait eu lieu n’eut été l’intervention d’organismes acadiens, ne fait que confirmer l’aliénation grandissante des francophones.

La façon dont le gouvernement minoritaire, libéral ou même conservateur, va traiter la question linguistique dans un avenir rapproché reste nébuleuse. Il y a des leçons et des principes fondamentaux dont il faut tenir compte.

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