Archives de mot-clé : #Acadie

Aide-toi et le ciel t’aidera

La Loi sur les langues officielles du Canada est un outil crucial pour le développement de l’Acadie. Cette loi — adoptée en 1969, modifiée en 1988 et renforcée en 2005 — énonce des principes fondamentaux d’égalité du français et de l’anglais au sein des institutions fédérales.

Les lois, bien qu’importantes, ne peuvent pas faire le travail de développement communautaire d’elles-mêmes. Les francophones et Acadiens ont besoin de mettre la main à la pâte pour atteindre les objectifs d’égalité linguistique. Comme le veut l’adage : aide-toi et le ciel t’aidera. Ainsi, les Acadiens ne devraient pas attendre la Providence gouvernementale ou rester passifs à l’égard du fait français. Une communauté forte se construit par la détermination des gens sur le terrain et non pas simplement par le cadre législatif qui gouverne la société.

Continuer la lecture de Aide-toi et le ciel t’aidera

Une démocratie vigoureuse est féminine

La chronique inaugurale de Stéphanie Chouinard (« Le Boys’ Club », 27 août) dresse un tableau peu reluisant de la place des femmes en politique néo-brunswickoise. Elle expose quelques faits inquiétants et nous incite à y réfléchir davantage. La question est fondamentale. En quoi la présence accrue des femmes et l’exercice véritable du pouvoir par les femmes sont-ils bénéfiques en politique?

Les réponses tiennent à la nature même de la démocratie. Dit autrement, la participation effective des femmes améliore tant la joute politique que les politiques publiques qui en résultent.

Continuer la lecture de Une démocratie vigoureuse est féminine

Antibilinguisme : menace réelle ou occasion à saisir pour les francophones? (Atelier public)

À l’invitation de la CRÉAcT, Ricky G. Richard a animé la cinquième classe de maître à l’Université Sainte-Anne le 18 mars 2019. Il s’agissait d’une réflexion publique sur le thème de la montée populaire d’une opposition aux francophones en milieu minoritaire, leurs droits ou le bilinguisme officiel. Les intervenantes et intervenant, du milieu étudiant, universitaire et communautaire étaient :

– Marie-Germaine Chartrand, étudiante en Cultures et espaces francophones et directrice du secteur collégial et du campus de Tusket

– Yvette Comeau, étudiante en Cultures et espaces francophones et membre du conseil d’administration de la Société acadienne de Clare

– Audrey Paquette-Verdon, étudiante en sciences de l’éducation

– Bailey Ross, étudiant en sciences de l’éducation et assistant de la CRÉAcT

– Elaine Thimot, ancienne directrice générale de la Société acadienne de Clare

– Chantal White, professeur de linguistique au Département d’études françaises.

En utilisant la méthodologie organisationnelle du SWOT (Forces, Faiblesses, Occasions, Menaces) appliquée au milieu francophone, l’atelier a suscité une réflexion communautaire quant aux pressions anti-francophones de leur milieu et aux stratégies pour y faire face.

Le vaccin à l’antibilinguisme est la mobilisation communautaire : un populisme francophone qui canalise les forces vive, qui tire profit des réussites et compétences diversifiées de tous les membres de la communauté.

L’atelier en entier peut être visionné ici : http://bit.ly/2W9e5wA

Ode à mes grands-parents

Il y a des sociétés qui vénèrent leurs aînés et leur accordent un rôle de premier plan dans le développement collectif. J’admire ce respect intergénérationnel et je pense à mes propres ancêtres. Je suis le produit d’hommes et de femmes acadiennes qui m’ont précédé. Certains n’ont pas eu une existence facile, notamment mes grands-parents et les autres Acadiens qui ont vécu l’entre-deux-guerres ou même l’entrée dans la modernité après 1960.

Je dis souvent, de façon anecdotique, que j’avais 13 grands-parents à ma naissance : des 4e et 5e générations des deux côtés. Laissez-moi vous entretenir à propos de deux d’entre eux. Je les ai bien connus, je les aime et l’une est toujours des nôtres.

Continuer la lecture de Ode à mes grands-parents

Quand l’antibilinguisme est élevé en politique gouvernementale

Ce qui donne froid au dos est le fait que les gouvernements, qui devraient pourtant protéger les droits des citoyens, deviennent les nouvelles figures de proue de l’antibilinguisme.

Alors que le bilinguisme institutionnel est problématique au Québec, il est vital au Canada. Les francophones font parfois frais de gouvernements moins ouverts à l’essor du français et aux droits linguistiques.

Pour les francophones en milieu minoritaire au Canada, le bilinguisme institutionnel est un rempart pour la défense des droits linguistiques. Est-ce que les gouvernements provinciaux, ayant une importante minorité francophone, s’acquittent pleinement de leurs responsabilités en la matière? L’encadrement gouvernemental est-il à la hauteur du respect que l’on doit à chaque citoyen francophone?

En contexte canadien, certaines juridictions réussissent mieux que d’autres à créer un espace public pour la langue minoritaire. Alors que l’État québécois protège fièrement la langue française, ce n’est pas forcément le cas pour d’autres juridictions.

Continuer la lecture de Quand l’antibilinguisme est élevé en politique gouvernementale

La femme acadienne à l’ombre d’Évangéline

Cette image « traditionnelle », pure et passive, que l’on a attribuée à Évangéline ne peut être dissociée d’une vision de l’histoire racontée principalement par les hommes.

Il ne fait nul doute que le mythe fondateur de l’Acadie trouve son origine dans le célèbre poème de Longfellow Evangeline: A Tale of Acadie publié en 1847. Le succès, largement assuré par l’admiration du public américain, ne passe pas inaperçu en Acadie des Maritimes. Un réveil, ou ce qui fut désigné comme la Renaissance acadienne, s’ensuit et culmine dans une série de conventions nationales où les symboles nationaux sont entérinés par les Acadiens.

Continuer la lecture de La femme acadienne à l’ombre d’Évangéline

The disappearance of reasonable people in N.B. politics

Version française

The current political discourse in New Brunswick has shown a surprising lack of civility. This is very much out of character with either the Acadian and Maritimer reputation for being warm and welcoming. What is going on? How can one make sense of the animosity about language?

It is difficult to understand what is fuelling this language strife. Motivations are as varied as the pulp acreage in the province. But at least since the fall election, language issues have been an obvious source of division.

Anglophone politicians and citizens alike tend to view language issues through the economic lens. Any expense related to the French language instantly comes under severe scrutiny. There is a presumption of waste.

Continuer la lecture de The disappearance of reasonable people in N.B. politics

Jeux de la francophonie : au-delà de l’argent

English version

Les Jeux de la Francophonie ont réussi là où les politiciens du Nouveau-Brunswick ont échoué : ils sont parvenus à créer un consensus qui atténue le clivage linguistique. Tant les francophones que les anglophones dénoncent la prétendue montée vertigineuse des coûts requis pour accueillir les jeux à Dieppe et Moncton en 2021.

Cependant, les arguments économiques qui s’opposent au financement provincial sont insuffisants. Ils souffrent de myopie et ne tiennent pas compte de facteurs importants, notamment la réputation internationale de cette petite province canadienne. La plupart des politiciens et citoyens persistent à défendre des arguments tendancieux dans les médias : ceux qui s’alignent avec leur préférences partisanes ou idéologiques.

Continuer la lecture de Jeux de la francophonie : au-delà de l’argent