La déportation acadienne, une tragédie vue du Québec

Et si on déportait 6 millions de Québécois la semaine prochaine? Combien d’années s’écouleraient avant que ce vaillant peuple se relève? Pourtant, un tel drame a affligé les Acadiens dès 1755.

Dans une grande entrevue avec Gérard Fillion enregistrée le 18 octobre 2017, feu Bernard Landry se désolait de la « tragédie invraisemblable » et malheureusement oubliée de l’histoire française en Amérique du Nord : la Déportation des Acadiens. Ce Grand Dérangement, euphémisme évitant aux Acadiens de dire génocide, s’amorce en 1755 et se poursuit même jusqu’après la Conquête de 1759.

Le patriote Landry, l’un des plus grands indépendantistes du Québec, avait un sens affiné de l’histoire et une profonde amitié pour l’Acadie. Il s’agissait de ses propres racines qu’il assumait pleinement. Est-ce que les Québécois d’aujourd’hui ont une véritable appréciation de ce que Landry a décrit comme étant « une infamie, au même titre que la défaite référendaire » de 1995 ?

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Robert Gauvin : politicien ou comédien?

Les dernières élections néo-brunswickoises, avec ses rebondissements et ses revirements, étaient dignes d’une série d’HBO. Les uns y voient House of Cards, d’autres Game of Thrones. (1) Ce n’est pas tous les jours qu’un chef de parti ayant moins de députés qu’un autre parti tente de former un gouvernement. À peine le temps d’écouter son discours du Trône, le premier ministre élu, Brian Gallant, cède sa place à Blaine Higgs qui défait le gouvernement libéral avec l’appui du People’s Alliance of New Brunswick (PANB).

L’équilibre actuel est fragile et les marges pour maintenir la confiance de l’Assemblée législative sont minces. Robert Gauvin, seul député progressiste-conservateur élu par une majorité de francophones, a été courtisé par les libéraux pour changer d’allégeance. En bout de piste, il a été récompensé pour sa loyauté en étant désigné vice-premier ministre. De son propre aveu, il assume de lourdes responsabilités puisque son siège « représente à peu près 33% de la population », avoue-t-il. (2)

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Pour des économies dérisoires

La décision du nouveau gouvernement ontarien de sabrer dans certains services vitaux aux Franco-Ontariens en a surpris plusieurs. En tant que Franco-Canadien, cette décision mal avisée et non suffisamment justifiée sur la place publique vient me chercher dans les tripes. Ma réaction est viscérale car ce n’est pas seulement des services ou des institutions phares de la dualité linguistique qui sont visées. On s’en est pris à des personnes brillantes que j’affectionne et que je connais.

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Abolishing Ontario’s French language Commissioner is a blow to minority rights across Canada

Francophone Ontario is the barometer of francophone communities in Canada. What happens if the wind changes direction or if a low-pressure system moves in?

A barometer measures atmospheric pressure. It is a gauge of the environment and weather systems. Official language minority communities in Canada know all too well how much environment plays a role in the expression of identity and collective aspirations. These systems, which come and go, can often hinder development (low pressure) or, in some cases, facilitate positive actions (high pressure).

Currently, there is a fast moving low-pressure system that seems to be threatening Francophones in Ontario and elsewhere. Canadians, and especially those who believe in linguistic duality, should be very concerned. The very fabric of the country might be tearing at the seams.

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Le discours de la division linguistique

English version

Pour une nième fois, la langue s’est odieusement ingérée dans les élections provinciales au Nouveau-Brunswick. La véritable question n’est pas de savoir si les Néo-Brunwickois sont retranchés dans deux camps linguistiques diamétralement opposés, mais plutôt dans quelle mesure les politiques et discours sur la langue respectent la minorité acadienne tout en traçant des voies d’avenir communes.

Les véritables intentions des unilingues anglophones, nouvellement élus, ne sont pas pleinement connues pour l’instant mais certains discours électoraux étaient carrément incendiaires, du moins pour les francophones. La controverse entourant l’organisation d’un débat des chefs en français, qui n’aurait eu lieu n’eut été l’intervention d’organismes acadiens, ne fait que confirmer l’aliénation grandissante des francophones.

La façon dont le gouvernement minoritaire, libéral ou même conservateur, va traiter la question linguistique dans un avenir rapproché reste nébuleuse. Il y a des leçons et des principes fondamentaux dont il faut tenir compte.

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Le Québec, tu as … moi, en francophonie, j’ai…

Au Québec, une culture française en Amérique s’exprime sans ambage

En francophonie canadienne, tout autant et à son image

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Comme un miroir ou un vase communicant qui balance

Nos francophonies s’assemblent, se ressemblent et s’influencent

Dans les arts ou la musique, cette francophonie s’exprime

Tant au Québec qu’ailleurs, on veut chasser la déprime

En Ontario, en Acadie, au Québec ou dans l’Ouest, peu importe

Nos artistes s’illustrent chez nous, chez vous et ouvrent des portes

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Ton Québec, bien lys, est tatoué sur ton cœur

Ma francophonie érable n’est nullement un leurre

Je l’ai gagné au combat, à la sueur de mon front

Cette francophonie nous unit. Tous ensemble, allons

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Tes artistes québécois dont tu es si fier

Miroitent ceux de la francophonie qui ne datent pas d’hier

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Tu as La Bolduc et Ginette Reno

J’ai Edith Butler et Suzie LeBlanc, soprano

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Tu as eu la chance de voir se produire Harmonium et Offenbach

Moi j’ai froliqué avec Cano et 1755, j’qu’à temps qui viennent back

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Pour répondre à la guitare et aux paroles de Fiori, Séguin et Piché

Robert Paquette, Denis Richard et ce cher Zachary du passé

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Vos immortels : Gilles Vigneault, Félix Leclerc et Alys Roby

On les aime tout autant en francophonie

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Tu as découvert le talent d’Angèle Arsenault, Roch Voisine et Daniel Lavoie

Ça s’adonne qu’ils viennent de chez nous, bien avant qu’apparaisse La Voix

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Quand la douce mélancolie de Yann Perreau embellis ta vie

La belle guitare et la voix envoûtante de Cy te séduiras aussi

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Vous avez Gilles Carle, nous avons Herménégilde Chiasson

À Granby, votre Festival de la chanson

Ressemble tout aussi bien à celui de Caraquet

À Moncton, le Centre Aberdeen et le théâtre l’Escaouette

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Tu danses et rigoles avec Willy Lamothe ou bien Plume

Moi j’ai Menoncle Jason, Cayouche et sa plume

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Bonjour Uzeb, je te présente les Païens

Du bon jazz jusqu’au lendemain matin

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Le génie prolifique de Michel Rivard

Trouve écho auprès de Marcel Aymar

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Si Safia Nolin, Klô Pelgag et Anik Jean collaboraient

Pourraient-elle faire des Hay Babies qu’on adopterait?

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Céline, bien avant Vegas, a donné ses colombes au Pape

Caroline Savoie a montré sa Voice aux Français, bien fallu qu’elle s’adapte

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On peut se laisser bercer par Cœur de Pirate et Mara Tremblay

Ou bien par Alexis Normand et Andréa Lindsay

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À la voix mystérieuse et poétique d’Edgar Bori

On répond par la voix grave d’un Comeau, Frédéric Gary

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Louis-Jean Cormier, tel un phénix, est sorti de Karkwa;

Joseph Edgar chauffait dans Zéro Degré Celcius et ne s’en gênait pas

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Tu as au Québec ton propre star sytème et ton Starmania

Nos Hôtesses d’Hilaire nous disent : « Viens avec moi »

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L’urbanité québécoise peut compter sur Alaclair Ensemble et le son Locasse des Loco

Notre fierté : Shawn Jobin, fleur de lys fransaskoise et le son acadjonne de Radio Radio

Dès que tu me parles de Mes Aïeux, moi je Swing en Ontario

Jadis, Sylvain Lelièvre s’illustrait au piano tandis que l’Acadie produisait un Jac Gautreau

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Si t’as Malajube, saupoudre du Mehdi Cayenne

Hé Vincent Vallières, dis à Damien Robitaille qu’il revienne

Lorsqu’Ariane Moffatt revient à Montréal

Elle jase avec Lisa LeBlanc, vraiment géniale

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Quand Marie-Ève Janvier s’est éprise de Jean-François Breau, c’était l’amour fou

Québec et francophonie ça s’adonne qu’on s’aime itou

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À quand la demande mariage?

Déliceux Fric-Opéra rock acadien

La caravane acadienne des Hôtesses d’Hilaire est arrivée sur les capes de roues à l’Impérial Bell de Québec le 15 novembre dernier. Une seule représentation de leur opéra Rock « Viens avec moi » et ils repartent déjà pour l’Acadie. Les critiques québécoises, déjà élogieuses y voient Star Mania. À vrai dire, il s’agit plutôt d’un Fric-Opéra Rock, servi à l’acadienne.

Tel un bon fricot acadien, cet Opéra-Rock est un savant mélange des meilleurs ingrédients du terroir acadien. Ce mets typique nous rappelle les racines mais reste intemporel. Ce fric-opéra fut savamment brassé et assaisonné par un Serge Brideau, fidèle à lui-même mais moins débridé qu’à l’habitude.

Car si la plume et l’originalité de Brideau bat la mesure de ce spectacle théatro-musical, sa présence s’est quand même faite discrète. Tel un Raymond Bourque, le fabriquant de jeu par excellence, Brideau a alimenté des artistes autour de lui. Il leur a laissé une place pour s’illustrer à l’avant-scène : et tous étaient à la hauteur.

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Pour en finir avec Bombardier

Question clé pour la francophonie

L’échange disgracieux Bombardier-Chrétien à Tout le monde en parle le 21 octobre dernier, a profondément blessé une bonne partie de la francophonie canadienne, voire américaine. Malgré les excuses sincères de Dany Turcotte, les Franco-Canadiens s’accommodent difficilement de certains Québécois qui les méconnaissent par mégarde ou, pire, qui s’obstinent délibérément à nier leur existence. Il est temps d’en finir et de se réconcilier.

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Le Canada français ressuscité

La mort annoncée du Canada francais, dans sa forme traditionnelle, n’a pas étouffé l’idée d’une solidarité francophone pancanadienne. En dépit d’un territoire non contigu, des liens identitaires persistent entre toutes ces communautés, y inclus le Québec.

À partir des états généraux de 1967, les trajectoires nationales du Québec et de la francophonie canadienne ont bifurqué. L’ancienne unité canadienne-française, coulée dans le moule du catholicisme, volait en éclat. L’émergence d’une affirmation québécoise, territoriale et politique, obligeait les autres communautés francophones à se définir elles-mêmes.

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L’Acadien indépendantiste s’éteint

Bernard Landry était un homme de contraste et non de contradictions. Il fut un homme doté d’une personnalité politique d’envergure. Il avait une érudition indéniable et une compassion typiquement québécoise et défendait inlassablement une idée du 19e siècle (état-nation) tout en étant internationaliste. Il voulait humaniser l’économie et faire du Québec un pays.

Un homme fier de ses origines acadiennes en Nouvelle-Acadie est devenu l’un des plus grands penseur-praticien de l’indépendantisme québécois. Il a décrit, du même souffle, le traumatisme de la Déportation acadienne et la perte référendaire québécoise de 1995 comme étant chacune une infamie.

Les sécessionnistes du Québec perdent l’un de leurs canons. Une génération disparaît. Les hommes et les femmes qui ont côtoyé René Lévesque et porté son rêve à bout de bras disparaissent peu à peu. Cette perte titanesque du patriote Landry laisse un gouffre d’idée et d’action pour les indépendantistes d’aujourd’hui.


L’Acadien indépendantiste s’éteint

Mon Opinion

L’Acadie Nouvelle, 7 novembre 2018

D'Acadie et d'ailleurs

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